Une nouvelle filière cacao solidaire au Venezuela
10 octobre 2008 - 11:03 // Production de cacao
Pour les producteurs de cacao, le chocolat garde un goût amer. Fort du constat selon lequel les bassins cacaoyers correspondent toujours aux régions les plus défavorisées des pays en développement, le monde du chocolat à un défi à relever.
Malgré sa réputation, le cacao vénézuélien n’échappe pas à la règle. Après la fermeture du Fonds national du cacao, les prix payés aux petits exploitants, qui ne disposait pas d’infrastructures adéquates pour la fermentation et le séchage des fèves de cacao, ni pour les négociations collectives de fixation des prix, ont baissé et les grands exportateurs maitrisent la commercialisation internationale du cacao. La production est vendue individuellement par les agriculteurs auprès de négociants qui servent d’intermédiaires. Une filière trop longue, excessivement segmentée, non équitable, amène à l’abandon des plantations, l’exode rural…..mais, qui pourra alors maintenir la production du meilleur cacao du monde ?
Depuis 2003, la Ruta del Chocolate, initiative du gouvernement vénézuélien, permet aux producteurs de sauvegarder la culture du cacao et d’améliorer le mode d’exploitation et la rentabilité des haciendas. C’est d’une stratégie intégrale de développement de la filière cacao dont il est question : distribution et légalisation des terres, accès au crédit, assistance technique, formation et accompagnement organisationnel en faveur des paysans… S’il s’agit de réduire leur dépendance en amont de la filière par la transformation de leur matière première, l’acquisition de savoir-faire et l’obtention de valeur ajoutée. Acquérant une capacité de concertation, les producteurs peuvent améliorer la qualité et faire émerger une opportunité de positionnement alternatif de leur cacao fin.
Le processus de qualification territoriale est alors mis à contribution pour envisager un positionnement compétitif et durable sur le segment cacao fin du marché mondial du chocolat. Le projet de Barlovento met en place un réseau socio-productif autour de :
« centros de beneficios » ou les producteurs peuvent apporter les cacao fraichement récolté pour le faire fermenter et sécher dans de bonnes conditions
Une usine (nommée Cacao Oderi) réalisant les premières étapes de transformation du cacao : torréfaction, concassage, broyage pour réalisation de pâte de cacao, extraction du beurre de cacao et de la poudre de cacao). Cette usine est aujourd’hui gérée par un conseil collectif qui compte parmi ses membres : o 1 gérant o 1 représentant du ministère de l’agriculture et des terres du Venezuela o 3 représentant des petits producteurs de cacao de la Zone de Barlovento, elus au sein des « Consejos comunales » (conseils communaux).
A terme, il est aussi prévu de construire une pépinière permettant la réhabilitation des haciendas, une seconde usine de production de intégrale de chocolat, ainsi que des lieux de vente bien situés pour commercialiser les produits auprès du grand public (vénézuéliens, touristes).
Avec ce projet, fortement marqué par sa volonté d’intégrer les petits producteurs au sein des instances dirigeantes, l’ancrage patrimonial de l’activité cacaoyère prend alors toute son importance à l’heure ou le consommateur valorise la « pure origine » et révèlera donc le « territoire Barlovento » par l’activation des ressources locales.
Pour appuyer ce projet de structuration locale, la vision de Puerto Cacao est qu’il faut aborder de façon différente la position et le rôle des exportateurs de cacao et des chocolatiers (artisanaux ou industriels), destinataires finaux de ces produits à base de cacao. Dans ce cadre, au-delà de notre première filière créée avec Aromas de Barlovento (groupement indépendant de 3 producteurs situés dans la même région – cf notre site internet, Notre filière chocolat La production du cacao), nous avons commencé à travailler avec l’usine Cacao Oderi. Nous leur achetons du beurre de cacao, de la poudre de cacao, ainsi que de la pâte de cacao.
Disposant de capacités de productions plus importantes qu’Aromas de Barlovento, et disposant d’outils d’analyses microbiologiques de leur cacao, ils permettent d’une part à Aromas de Barlovento de profiter de ces outils, et d’autre part, sont pour nous un fournisseur respectant une démarche solidaire et durable à part entière, que nous intégrons dans notre filière d’importation, dans l’optique de revendre leurs produits à des couverturiers de chocolat.
Un premier « petit » achat de 3 tonnes de cacao transformé (réparti entre pâte, poudre et beurre) nous a permis d’amorcer la relation avec les membres de ce projet. Nous espérons des deux côtés que cette collaboration n’en est qu’à ses débuts et que nous parviendrons ensemble, à intégrer de façon responsable, de plus en plus de maillons de cette chaine de valeur du cacao. Prochaine étape : le transport, et son impact environnemental. Voici un chantier sur lequel nous nous penchons directement en collaboration avec le Geres (www.geres.org). Plus de détails à venir dans un avenir proche…
Bienvenue sur le Blog de Puerto Cacao. Vous trouverez sur cet espace des informations relatives à notre vision du commerce équitable, à nos projets, ou à nos opinions et analyses sur certains sujets. Guillaume HERMITTE à la plume. Mais le micro est à vous. Vous faire répondre, réagir, réfléchir et rire. Voici les objectifs de ce blog qui vous appartient autant qu’à nous.









1. | Le jeudi 1er janvier 2009 à 15:44 :
klode